Des Canadiens font face à deux mois de prison sans procès en Israël
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Le mercredi 9 novembre 2011
Des Canadiens font face à deux mois de prison sans procès en Israël
Hier, des militants de l’initiative Les vagues de libération pour Gaza, détenus en Israël, parmi eux les Canadiens David Heap et Ehab Lotayef, ont comparu devant un juge. Ils ont été informés que leur incarcération pourrait durer deux mois, sans que la moindre accusation ne soit portée contre eux.
Pour échapper à cette détention sans accusation et sans procès en vue, le juge a fait pression sur eux pour qu’ils signent une déclaration attestant qu’ils étaient entrés en Israël « de leur plein gré » et « illégalement », bien que qu'ils aient été kidnappés en eaux internationales et emmenés de force en Israël. En effet, ils tentaient de se rendre non pas en Israël mais à Gaza, et c’est contre leur gré qu’ils se sont retrouvés en Israël. Bien qu’un petit nombre de délégués de la campagne Les vagues de libération pour Gaza ait été déporté, dont la Canadienne Karen DeVito, 18 militants et journalistes sont emprisonnés en Israël depuis 5 jours, et rien ne leur permet de croire qu’ils en sortiront bientôt. Madame DeVito est disponible pour être interviewée.
L’armée israélienne a brutalement arraisonné les bateaux, le Tahrir et le Saoirse, à bord desquels voyageaient des journalistes et des militants des Vagues de libération pour Gaza. Les bateaux ont ensuite été conduits au port d’Ashdod, en Israël.
La journaliste américaine Jihan Hafiz se trouvait sur le bateau canadien, le Tahrir, et malgré son accréditation comme journaliste, a été détenue par Israël. Les autorités israéliennes lui ont ordonné, ainsi qu’aux autres détenus, de « ne rien dire de négatif ou de ne par tenir de propos politiques » quand ils ont pu, de leur prison, brièvement s’entretenir au téléphone avec leurs proches. Cette censure explique pourquoi il a fallu attendre jusqu’à maintenant pour connaître certains détails. Mardi, Jihan Hafiz a fait part de son expérience lors de l’interception des bateaux irlandais et canadien :
«Il y avait trois navires de guerre [...] quatre zodiaques, quatre bateaux équipés de canons à eau en plus de quatre canonnières. Les commandos, présents sur chacun des bateaux, étaient armés jusqu’aux dents. On aurait dit qu’ils étaient sur le point de combattre une armée, d’affronter l’ennemi en pleine guerre.»
Hafiz précise: «Avec deux canons à eau, ils ont giclé une quantité importante d’eau dans le bateau irlandais, et l’électricité a été par conséquent coupée. A ce moment-là, les délégués irlandais m’ont dit qu’ils ont dit à l’armée israélienne : «Arrêtez! Arrêtez de gicler de l’eau. Le bateau ne peut plus prendre d’eau. Arrêtez tout de suite l’eau ou nous allons couler.»
Hafiz a ensuite décrit le violent abordage au cours duquel les soldats israéliens ont pointé leurs armes sur la tête des passagers. Elle précise que les passagers ont été ont été brutalement bousculés, maltraités et soumis à des fouilles à nue pour ensuite être filmés. Elle a aussi expliqué que les Israéliens ont confisqué l’équipement des journalistes pour censurer tout reportage susceptible de contredire la version israélienne aseptisée des événements qui ont eu lieu au cours du détournement du Tahrir et du MV Saoirse.
Pour voir la vidéo de l’interview en entier et lire la transcription : http://www.democracynow.org/2011/11/8/Israël_deports_democracy_now_correspondent_jihan
« Nos amis ont été attaqués, choqués par taser, battus, kidnappés, volés et emprisonnés. Israël menace maintenant de les détenir illégalement pendant deux mois. Que faudra-t-il pour que le gouvernement canadien décide enfin de bouger quand un autre pays kidnappe des citoyens canadiens et refuse de les laisser partir?», demande Wendy Goldsmith, membre du comité de direction du Bateau canadien pour Gaza.
« Nous somme déçus, mais nous ne sommes pas surpris par l’inaction de Baird et de Harper», a déclaré Dylan Penner, lui aussi membre du comité de direction du Bateau canadien pour Gaza. «Par son silence face au blocus qu’Israël impose à Gaza, le gouvernement canadien cautionne de facto le mépris qu’Israël affiche pour les droits humains des citoyens de Gaza, et exonère Israël de ses obligations en vertu du droit international. C’est ce silence qui pousse des personnes consciencieuses, comme David et Ehab, à agir là où le gouvernement n’agit pas.»
Le bateau canadien pour Gaza exige la démission du ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, pour manquement par rapport à ses obligations en termes de protection des Canadiens et de leurs droits.
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Pour nous suivre :
Twitter (@CanadaBoatGaza and #freedomwaves), Facebook.com/CanadaBoatGaza, www.tahrir.ca, www.ustogaza.org, www.freegazaoz.org et www.irishshiptogaza.org.
Pour tout renseignement :
En français :
Denis Kosseim, Bateau canadien pour Gaza, 514-923-5594
En anglais :
Wendy Goldsmith, Canadian Boat to Gaza, 519-619-6766
Dylan Penner, Canadian Boat to Gaza, 613-859-6996

